18ème édition du colloque international du RIPSYDEVE>

Appel à communication

(© Crédit photo : Tout droit d’auteur réservé : CollectifKO.com / Manon Avram et Manuel Buttner)

Durant ce colloque, il s’agit de faire dialoguer pratique et recherche, autour de quatre axes thématiques: 

1. Vulnérabilités psychosociales, inclusion et dynamiques d’émancipation de la personne

Les vulnérabilités psychosociales peuvent être envisagées comme des configurations dynamiques, produites par l'entrelacement de facteurs individuels, relationnels et institutionnels, qui se transforment tout au long de la vie. Elles peuvent se manifester par des fragilisations du développement, de l’engagement (scolaire, professionnel, social…), du sentiment d’appartenance, ou par des trajectoires marquées par l’exclusion ordinaire et les discriminations. Cet axe propose d’examiner comment ces vulnérabilités se construisent, se cumulent, se déplacent ou se résorbent selon les contextes de socialisation. Il invite à analyser les effets des normes et des étiquetages, mais aussi les conditions qui rendent possible la reconnaissance et la participation de tou.te.s. Une attention particulière sera portée à l’analyse des ressources et des dispositifs de médiation — incluant les « autrui » significatifs, les collectifs, les aménagements, les pratiques éducatives et les politiques inclusives — susceptibles de favoriser l’élaboration de parcours de vie moins inégalitaires. Les communications pourront documenter les processus d’émancipation et leurs déterminants développementaux. Les contributions peuvent mobiliser des approches développementales, écologiques et contextualisées, attentives aux inégalités sociales et aux expériences situées. L’objectif est de mieux articuler compréhension des vulnérabilités et leviers d’action, en évitant l’essentialisation des personnes et des groupes concernés. Cet axe sera l'occasion de pouvoir discuter ou permettre que différentes approches se rencontrent : dans ce cadre, les vulnérabilités psychosociales peuvent être envisagées comme des manifestations situées des inégalités sociales et culturelles, sans s’y réduire. Cet axe permettra aux  travaux abordant ces notions de se rencontrer afin de mieux percevoir les points de dialogues et de tensions entre ces approches. Il s’agit ici de donner l’opportunité aux chercheur.e.s et professionnel.le.s de présenter des éléments théoriques et pratiques éclairant une inclusion réellement transformatrice.

2. Positionnement des praticiens, chercheurs et acteurs de terrain face aux défis développementaux et éducatifs : questions vives et dimensions éthiques

Aujourd’hui, les transitions sociétales (numérique, climatique, éducative) reconfigurent les contextes de développement et les cadres de l’action éducative. Les défis contemporains obligent à repenser la posture des chercheurs, des praticiens et des acteurs de terrain face à des situations complexes. Cet axe propose d’interroger les choix épistémologiques, méthodologiques et éthiques qui orientent la production de connaissances, et leurs effets sur les personnes, les collectifs et les institutions. Il invite à discuter la place des personnes concernées (enfants, familles, professionnels), l’apport des méthodologies en situation (recherche-intervention, démarches participatives, évaluations écologiques…), ainsi que les conditions de validité et de transférabilité des résultats. Les communications pourront analyser les tensions entre exigences de production scientifique, contraintes institutionnelles, temporalités du terrain et besoins des publics. Sont attendues des réflexions sur les dimensions éthiques : responsabilité, réflexivité, protection des publics vulnérables, justice sociale… Les contributions pourront mettre en lumière la co-construction des savoirs avec enfants, familles et professionnels, en explicitant ce que ces collaborations transforment (rôles, pouvoir d’agir, décisions…). L’ambition est de soutenir un dialogue entre recherche et terrain, sans perdre de vue les effets sur les personnes et les milieux.

3. Développement de la personne dans ses différents milieux de vie : multidimensionnalité et interdépendance des processus en jeu 

L’objet de cet axe est de donner l’opportunité aux chercheurs de présenter des travaux visant à mieux comprendre, de l’enfance à l’entrée dans l’âge adulte, comment le développement de la personne se déploie dans une pluralité de milieux de vie qui influencent les trajectoires et les expériences. Dans une perspective épigénétique et interactionniste, le développement est envisagé comme un processus multidimensionnel, où s’articulent dimensions sociales, cognitives, affectives et identitaires. Les contributions pourront mettre en lumière la complexité de ces dynamiques, toujours situées dans des contextes historiques, culturels, sociaux, écologiques, économiques et politiques. Les recherches pourront porter sur différents lieux de socialisation : famille, crèche, école et formation, loisirs, associations, espaces numériques, institutions de soin et d’accompagnement, etc. Les communications pourront articuler différents niveaux d’analyse (individu–dyade–groupe–institution…) afin de documenter l’interdépendance des processus en jeu. Cet axe accueille les travaux conduits auprès de publics aux fonctionnements diversifiés, dits « typiques » ou « atypiques », en veillant à décrire finement les contextes et les expériences. Il encourage l’étude des continuités et discontinuités développementales, des transitions et des bifurcations biographiques.

4. Apprendre et se construire à l’ère des transitions (numériques, socio-éducatives, politiques, climatiques, etc…) : Défis et enjeux contemporains

Les transitions contemporaines (numériques, socio-éducatives, politiques, climatiques) redessinent les environnements d’apprentissage et les parcours développementaux, tout en renforçant certaines vulnérabilités et inégalités. Dans le prolongement des réflexions sur les mutations sociétales et les injonctions institutionnelles qui renouvellent les objets de recherche en psychologie du développement et de l’éducation, cet axe invite à interroger les effets de ces transformations sur la socialisation, la mobilisation et/ou l’engagement scolaire. Les contributions pourront explorer, par exemple, le numérique éducatif et ses usages (plateformes, IA, hybridations…), la question écologique (éco-anxiété, engagement, incertitude…), ou encore les recompositions des normes et des attentes scolaires et familiales. Les approches comparatives et interdisciplinaires sont bienvenues pour saisir la complexité des transitions à plusieurs échelles. Les travaux de recherche partant des situations d’enseignement-apprentissage à l’école, ou dans toute institution mais également hors les murs s'inscrivent particulièrement dans cette perspective. Seront attendues des recherches fondamentales et appliquées portant sur la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de dispositifs innovants (pédagogies actives, médiations numériques, approches collaboratives…), en contextes. L’objectif est de mettre en évidence l’apport spécifique de la psychologie du développement et/ou de l’éducation pour comprendre ces transitions, outiller les pratiques, et soutenir des innovations.

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